Les malades devraient bien manger, même s'ils ne sont pas actifs. Ils ont besoin de nutriments pour rester en vie, combattre les infections et remplacer les nutriments perdus.
Il arrive souvent que l'infection diminue l'appétit. Elle augmente aussi le besoin de certains nutriments si:
Si les malades ne mangent pas assez, ils utilisent la graisse et les muscles de leur propre organisme pour avoir des calories et des nutriments. Ils maigrissent et deviennent dénutris. Leur système immunitaire risque de devenir moins efficace, et leur capacité de combattre les infections diminue.
Les malades perdent souvent plus d'eau que d'ordinaire, ou ils en utilisent davantage (par exemple, en cas de diarrhée ou de fièvre). Il leur faut donc beaucoup de boissons propres et saines.
Donnez aux familles les conseils suivants:
Si les personnes sont malades pendant plusieurs jours, il leur faut beaucoup d'aliments variés pour aider leur système immunitaire à se rétablir et pour empêcher la perte de poids (voir l'encadré 16). Les familles devront donc leur donner fréquemment de petits repas composés d'une association d'aliments (voir le thème 3). En ajoutant une petite quantité d'aliment lipidique ou de sucre au repas, on augmente facilement son contenu énergétique sans rendre le repas trop lourd ou trop volumineux, et les fruits et légumes en bonne quantité fournissent des micronutriments.
Quand un jeune enfant nourri au sein est malade, sa mère devra l'allaiter plus souvent. Le lait maternel est parfois le seul aliment et boisson que l'enfant désire. Conseillez à la mère de tirer son lait et de le faire boire à la tasse ou à la cuillère si l'enfant est trop malade pour téter.
Dans les régions où l'avitaminose A pose un problème, les enfants qui ont la rougeole, la diarrhée ou des infections respiratoires, ou qui souffrent de malnutrition, reçoivent souvent des suppléments de vitamine A. Cependant, les agents de santé qui leur en donnent devraient insister sur la nécessité de consommer aussi des aliments riches en vitamine A.
Les enfants et les adultes qui ont la diarrhée et/ou des vomissements perdent beaucoup d'eau et doivent donc boire souvent pour ne pas se déshydrater. Les boissons qui conviennent sont les solutions de réhydratation orale préparées avec des sels de réhydratation (disponibles dans les centres médicaux ou en pharmacie), ou des boissons ordinaires faites à la maison et qui contiennent une quantité normale de sel, par exemple le potage ou l'eau de riz.
Les personnes qui ont la diarrhée doivent aussi manger parce que la nourriture aide l'intestin à se rétablir et à absorber l'eau. Les enfants nourris au sein et qui ont la diarrhée devraient être allaités fréquemment.
Pendant leur convalescence, la plupart des gens ont plus faim que d'habitude. Ils peuvent manger davantage et reprendre rapidement le poids qu'ils ont perdu. Les enfants peuvent grandir plus vite que normalement et rattraper le retard de croissance. Les malades ont parfois épuisé leurs réserves de vitamine A, de fer et d'autres micronutriments; ils ont alors besoin d'aliments variés et riches en nutriments pour reconstituer ces réserves. Les gens sont en mesure de manger davantage au cours de leur convalescence s'ils consomment plus de nourriture à chaque repas et/ou s'ils prennent davantage de repas ou de collations chaque jour. Les enfants convalescents nourris au sein doivent être allaités plus souvent.
Il est particulièrement important que le régime alimentaire des personnes qui vivent avec le VIH/SIDA soit sain et équilibré. Une bonne alimentation empêche de perdre du poids et aide les gens à rester en forme plus longtemps.
Les personnes qui vivent avec le VIH/SIDA commencent souvent à souffrir de dénutrition, ou leur dénutrition s'aggrave, pour les raisons suivantes:
Comme tous les autres malades, les personnes qui vivent avec le VIH/SIDA, et qui ne consomment pas ou n'absorbent pas assez de nutriments, utilisent leurs propres tissus corporels pour avoir les calories et les nutriments essentiels à la vie. Elles perdent du poids et deviennent dénutries.
En outre:
I l est plus facile d'empêcher la perte de poids pendant les premiers stades de l'infection par le VIH. Assurez-vous que les personnes qui vivent avec le VIH/SIDA (et leur famille) savent qu'elles devraient:
Si des personnes qui vivent avec le VIH/SIDA maigrissent, donnez-leur des conseils sur la façon de reprendre du poids. Expliquez-leur comment consommer davantage de bons aliments et encouragez-les à avoir une activité physique pour refaire leurs muscles Il existe diverses interactions entre différents médicaments antirétroviraux et différents aliments.
Par exemple, un médicament peut avoir des effets sur l'absorption d'un aliment, ou un aliment peut avoir des effets sur l'absorption d'un médicament. Les agents de santé devront peut-être consulter leurs superviseurs pour savoir quels conseils d'alimentation donner aux personnes qui prennent des médicaments antirétroviraux (voir FANTA/AED, 2008).
en cas de troubles ou de difficultés
Les troubles du comportement alimentaire apparaissent très tôt dans la maladie d'Alzheimer ; ils évoluent avec la maladie et augmentent tout au long de son évolution. Au début de la maladie, les troubles du comportement alimentaire sont plutôt défensifs. Avec l'évolution de la maladie s'installe progressivement la difficulté à reconnaître les aliments puis l'incapacité à s'alimenter seul. Le patient devient alors entièrement dépendant de l'aidant principal. Le but à atteindre est de prendre en charge le patient de manière adaptée en fonction des paliers d'évolution. Un bon état nutritionnel, mais aussi le fait de solliciter et de stimuler le patient (parole, geste, regard), l'aide à maintenir ses facultés cognitives le plus longtemps possible.
La prise en charge alimentaire doit être précoce, efficace et être adaptée sans cesse en fonction des troubles. Une alimentation peu adaptée (quantité/qualité) va accélérer l'évolution de la maladie. La surveillance du poids du patient et de l'aidant doit être régulière, et sera notée sur un calendrier. Pour le patient, toute perte de poids (> 2 kilos) traduit un risque de dénutrition. Pour l'aidant, une perte de poids met en évidence une limite de tolérance dans la prise en charge du malade. Autour de la famille doit être mis en place un réseau d'aides à domicile faisant intervenir les services de soins, les services sociaux, etc., afin d'apporter un soutien et une aide au- delà des soins eux-mêmes, pour effectuer des taches ménagères, les courses, les repas, etc. Un environnement psycho-affectif favorable facilite la prise en charge alimentaire et retarde ainsi l'évolution de la maladie.
L'état nutritionnel doit être évalué régulièrement afin d'apporter les réponses adaptées : une pesée mensuelle, éventuellement une mesure du mollet,sont particulièrement recommandées. La dénutrition protéino-énergétique est à redouter. La dénutrition entraîne une baisse des défenses immunitaires, une diminution de la masse musculaire et osseuse, un état de fatigue, des difficultés de déplacement, etc. Les risques de chutes, d'escarres et d'infections sont élevés. La dénutrition aggrave donc la maladie. Une alimentation suffisante, variée et équilibrée, peut limiter et retarder l'évolution de la maladie, pour une meilleure qualité de vie, du patient et de l'aidant. Afin de maintenir le goût et l'appétit, il est important de relever les saveurs, de faire une cuisine odorante et de mettre de la coquetterie dans les plats ! Chaque jour, des représentants de chaque famille d'aliments doivent être présents pour fournir à l'organisme tous les éléments nutritionnels nécessaires.
Les protéines, indispensables au maintien de la masse musculaire, sont fournies par la viande, le poisson, les œufs et les produits laitiers. Si leur apport est insuffisant, il faut enrichir l'alimentation avec des œufs, du fromage, du lait concentré ou des compléments nutritionnels du commerce (crèmes, flans, boissons, plats mixés).
Les légumes et les fruits doivent être présents sous de nombreuses formes : crus, cuits, en gratins, farcis, en jus, en mousses, etc. Ils apportent de nombreuses vitamines et minéraux.
Le pain, les pâtes, le riz, etc. sont composés de glucides (ou sucres) complexes nécessaires au travail musculaire et cérébral. Les matières grasses (beurre, huiles, margarines) apportent des acides gras essentiels et certaines vitamines impliquées dans la protection des membranes cellulaires, notamment cérébrales.
Les boissons sont à surveiller, car le risque de déshydratation est élevé et aggrave les troubles neurologiques. L'eau peut être fournie par : les eaux de boisson, les tisanes, le thé et le café légers, un peu de vin rouge (1 verre par jour), mais aussi par les entremets, les yaourts, les sorbets. En cas de troubles de la déglutition, on peut avoir recours à de l'eau gélifiée ou à des poudres épaississantes.
Un apport suffisant en vitamine E (huiles végétales) et du groupe B (abats, oléagineux, viandes, poissons, œufs légumes secs) ralentit la dégradation des facultés cognitives. Pour les repas, impliquer le patient dans le choix du menu, les courses, la réalisation de plats, le dressage de la table, etc. stimule ses fonctions cognitives, facilite le maintien des réflexes et de la qualité du geste.
Lorsque l'appétit diminue et que les repas deviennent insuffisants, il faut prévoir différentes collations dans la journée, à base de produits laitiers, de fruits et de boissons. Surveiller l'état de la vue, de l'ouïe, de la bouche, des dents, etc. est important. Ne pas hésiter à compléter l'équipe médicale (kinésithérapeute, orthophoniste, ergothérapeute, diététicien) et à trouver quelques astuces : couverts adaptés, assiettes chauffantes, texture des aliments modifiée. Maintenir une alimentation agréable et variée permet de préserver un bon état nutritionnel le plus longtemps possible et de ralentir l'évolution de la maladie, donc la perte d'autonomie physique et psychique.